Prologue – 2014

D’APRES

LA DIVINE COMEDIE

INFERNO/L’ENFER

CHANT I

DANTE

« Prologue » est une installation réalisée dans la partie désaffectée du centre commercial Trade Mart à Bruxelles.

Cette installation reproduit une forêt dans une salle de 200m² avec une vitrine de 20m de long. Elle est constituée de 60 troncs d’arbres et d’une tonne de terre.

Tous nos sens sont mis en exergue, l’humus, le craquement des brindilles sans oublier l’incroyable chaleur due à l’environnement (les arbres et la terre en décomposition dans cet espace fermé).

La Divine Comédie de Dante est le livre de référence pour mon travail de fin d’études.

Le récit du voyage initiatique que parcourt Dante me passionne. Ce voyage est un voyage imaginaire, au départ d’un rêve, vers un ailleurs, un endroit inaccessible, tout en parcourant l’enfer, le purgatoire et le paradis ; il est composé de paysages spirituels interrogeant, entre autres, la limite de l’être charnel et de l’être de lumière.

L’univers cosmogonique décrit par Dante me fascine également par sa structure très complexe et savamment construite.

La Divine Comédie est tellement vaste, et celle-ci étant impossible à traiter dans son entièreté, il a fallu faire un choix.

Par conséquent, après de nombreuses recherches, j’ai donc arrêté ma réflexion, pour cette année, au Chant I, prologue de ce long voyage théologique, philosophique et scientifique.

Dante se pose des questions sur son existence, il angoisse. 

Dans le Chant I, il se retrouve seul dans une forêt où errent des animaux sauvages.

La forêt symboliserait alors un lieu dans lequel Dante fait face avant tout à ses propres peurs ; il se traque lui-même en faisant le point sur son existence.

Dans ce contexte que l’on imagine donc chaotique et sombre, il est facile de s’identifier à un personnage cherchant à tout prix une ouverture ou une échappatoire au milieu de sa vie.

C’est le préambule de son chemin initiatique qu’il va traverser dans la Divine Comédie. Il est aux portes de l’Enfer.

Dans ce « PROLOGUE », j’ai choisi de ne traiter que le lieu, c’est-à-dire, une forêt plantée au milieu du Trade Mart.

Superposition de deux mondes, croisement de deux réalités. Déréalisation ?

C’est en tout cas un phénomène particulier au cœur du Temple de la commercialisation face auquel on ne peut rester indifférent.

Dans l’imaginaire occidental, la forêt est encore un lieu que l’homme ne peut contrôler, un lieu sauvage.

La forêt est également une métaphore de l’égarement : c’est un motif fréquemment utilisé dans les contes ou les mythes pour parler de cet égarement, qu’il soit physique ou mental.

Or, dans notre société occidentale, la crise existentielle au milieu « de sa vie » est de plus en plus marquée, de plus en plus présente dans la population. L’angoisse est même un phénomène humain universel qui plonge ses racines dans la question de l’Etre. Cette angoisse est celle de la mort.

Placer une forêt au cœur du Trade Mart accentue cette métaphore de l’égarement.

En effet, ne parle-ton pas de « déréalisation », symptôme de l’angoisse, définie comme le sentiment d’étrangeté pour le monde environnant, la perte de reconnaissance ou de familiarité avec les objets et les situations du monde extérieur ?

Alors, une forêt au cœur du Trade Mart… Superposition de deux mondes ? Croisement de deux réalités ? Sentiment d’étrangeté ? Perte de repères ? Source d’angoisse ? Déréalisation?

La réponse est en chacun de nous.

Pour découvrir en image l’installation : https://www.youtube.com/watch?v=DNGmlVBO1mM&t=3s

SON : ANTON VODENITCHAROV

VIDEO : CHRISTOPHE DUTRANNOIS

LUMIERE : BEN WEISGERBER

FOURNISSEUR : ARTECH

MERCI A CAROLINE ET VINCENT POUR LE DEBARDAGE DES ARBRES

MERCI A MARC ET ISABELLE POUR LEUR SOUTIEN INCONDITIONNEL

MERCI POUR LES AIDES PRECIEUSES DE MILADY, JEANINE, MILENA, CAMILLE, MARGAUX, FRANCOIS, MATHILDE

PROFESSEUR DE REFERENCE : CHRISTINE MOBERS

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